Je travaille à Toulouse et à Paris.
J'ai publié à ce jour une centaine de livres pour les enfants, avec une prédilection pour les lecteurs de maternelle. Je voyage beaucoup pour aller à la rencontre de mes lecteurs, ce que j' affectionne particulièrement.
J'ai mené récemment des ateliers et des rencontres à New-York, Londres, Munich, Francfort, Palerme, Vienne, Meknès, Casablanca, Tokyo, Singapour, Nouméa, Barcelone, Madrid, Valence...et dans beaucoup de villes en France.
J'ai obtenu plusieurs prix dont le prix des incorruptibles deux fois, le prix Libbylit ou le
prix Sorcière en 2015. Et récemment le Clel Bell award aux Etats-unis.
Je suis en train d'écrire de nouvelles histoires avec une vraie jubilation...
J'ai mené récemment des ateliers et des rencontres à New-York, Londres, Munich, Francfort, Palerme, Vienne, Meknès, Casablanca, Tokyo, Singapour, Nouméa, Barcelone, Madrid, Valence...et dans beaucoup de villes en France.
Mes livres sont pour certains traduits à l'étranger.
En Allemagne, en Argentine, au Brésil, au Canada, en Catalogne, en Corée, en Chine, en Espagne, aux Etats-unis, en Italie, en Norvège, aux Pays-bas, au Portugal, en Thaîlande..
prix Sorcière en 2015. Et récemment le Clel Bell award aux Etats-unis.
Je suis en train d'écrire de nouvelles histoires avec une vraie jubilation...
" Depuis que je circule et que je discute avec les enfants de Maternelle je suis
constamment
émerveillé.
Les petits yeux
que je croise sont toujours prêts à me suivre à condition qu'il y
ait une cohérence dans mon discours. Je peux faire le clown, jouer,
écrire pour eux...ils sont toujours ouverts. Mais il sont très
exigents.
Ils sont
exigents car ils n'ont pas de temps à perdre. Leurs journées sont
remplies de découvertes, de demandes, d'expériences passionantes.
Alors si je ne les
embarque pas dans quelque chose de fort ils se tournent vers la
première mouche qui passe et qui leur raconte quelque chose de bien
plus intéressant à leur yeux.
Les petits
vivent de manière intense et leur appétit est sans fin.
Ecrire pour eux
demandent beaucoup de patience, beaucoup de simplicité, beaucoup de
remise en cause, beaucoup de beaucoup.
Oh ! On peut
toujours leur écrire des histoires « miroirs »du
quotidien. Mais je n'ai j'amais compris l'intérêt de ces histoires
souvent pauvres et ne donnant que très peu de grain à moudre.
Pourtant elles sont en grande majorité dans les publications.
Ce qui me
semble essentiel c'est leur prouver qu'à partir de trois petits
bouts de papier peut naître une histoire. Une histoire qui soit la
vie, pas une histoire qui parle de la
vie.
Henry Miller a
écrit, à propos du clown, « Le clown c'est le poête en
action. Il est l'histoire qu'il joue ».
Nous devons
être dans cet état quand on écrit pour les tout-petits. Etre tout
a fait disponible et leur donner de vraies créations.
Il faut leur
expliquer qu'un petit morceau de carton et de papier, un livre, peut
véhiculer de l'âme et que l'on peut être infiniment plus heureux
en feuilletant un livre que dans la jouissance de biens superficiels.
La meilleure
façon de leur prouver c'est de faire des livres qui soient des
pladoyers à la liberté de créer. Leur prouver qu'avec trois petits
ronds de couleur on peut écrire une histoire qui prenne sens. Comme
Petit bleu et Petit jaune.
Car savoir
vivre c'est souvent savoir inventer et le bonheur réside souvent
dans la
création bien plus que dans la consommation, même si notre société
laisse croire
au contraire.
Quand j'étais
étudiant aux beaux-arts, Edward Barhan, peintre polonais de grand
talent, nous avait mimé la soirée de Noël de son enfance. Il nous
avait raconté les merveilleux souvenirs qui l'habitaient depuis
toujours. Il était question d'un petit cheval de bois aux couleurs
vives qui l'avait fortement impressioné.Il était ému aux larmes en
nous parlant de ce petit cheval qui avait pourtant une patte cassé,
la crinière à demi arrachée et la peinture écaillée.
Cela a très
tôt renforcé ma conviction qu'un livre ne doit pas être
esthétique, sympa, joli, bien écrit, bien dessiné...
Non, un livre
c'est comme un clown, il doit être vivant.
Comme le cheval
d'Edward Barhan.
Selon Victor
Hugo, la forme c'est le fond qui remonte à la surface. Il s'agît
bien de cela, faire fi de notre savoir-faire technique, être libre
et laisser parler l'émotion qui est en nous pour la donner toute
entière aux enfants dans nos livres.
A une élève
qui dessinait de manière très « sympa », ce cher
professeur a demandé de regarder sa palette en lui disant qu'elle
était beaucoup plus intéressante et instructive que son dessin.
Regardez les
tout-petits et vous verrez qu'ils agissent de même.
Alors, quand
j 'écris, le petit cheval de monsieur Brahan n'est jamais loin
et m'emmène sur des sentiers infiniment riches. Avec lui je saute
les obstacles que sont les
belles images et les phrases toutes faites pour aller galoper dans
des prairies que sont les vraies histoires.
Le moment ou
l'on écrit pour les enfants doit être un moment de vie intense, il
faut être relié au monde.
Et il faut leur
laisser de la place dans nos livres pour qu'ils prennent part à
cette vie et à cette belle aventure qu'est la culture..."
Texte paru dans la revue SPIRALE n°56,"Naître au monde et à la culture", aux éditions Erès.
